Est-ce qu’un MBA fait de vous un leader?

Considérez-vous que vous êtes un leader parce que vous détenez un MBA?
Est-ce qu’un MBA devrait préparer des leaders ou des gestionnaires?

Bien que plusieurs gestionnaires démontrent des qualités de leader et que les leaders assument souvent des responsabilités de gestion, il y a de multiples différences entre un leader et un gestionnaire. Dans sa plus simple expression, un leader sait quoi faire (vision, direction, stratégie) et un gestionnaire sait comment le faire (exécution). Les deux formes de leadership sont essentielles dans une organisation et un bon programme de MBA devrait développer les deux bien que leur déploiement ne se fera pas nécessairement au même moment.

Beaucoup de gens aimeraient « apprendre » le leadership, mais développer son leadership n’est pas un apprentissage intellectuel et cela ne s’apprend pas dans un livre. Devenir un leader efficace réfère à un processus actif, où le côté affectif est tout autant sollicité que le côté intellectuel et c’est l’intégration des deux qui fait un leader efficace. Dans cette perspective, le leader en devenir est sans contredit le principal moteur de son développement, mais un programme de MBA adapté au stade de développement du candidat peut faire toute une différence.

L’importance de la maturité personnelle et d’une expérience de vie

Bien qu’il y ait toujours certains leaders qui démontrent précocement des habiletés d’un niveau supérieur, en général le développement du leadership ne peut pas devancer une certaine maturité personnelle et une expérience de vie. Il semble en effet qu’une certaine expérience soit nécessaire pour se décentrer de ses besoins personnels et devenir attentif à ceux des autres et de l’ensemble de la communauté, ce qui est le propre d’un leader. Compléter un MBA, c’est exprimer clairement son intention de devenir un leader, mais parce que développer son leadership, c’est l’affaire d’une vie, faire un MBA à 28 ans est un investissement dans son avenir, alors que faire un MBA exécutif à 43 ans, tout en ayant de grandes responsabilités professionnelles et personnelles, est un choix délibéré de sortir de sa zone de confort.

Deux sortes d’étudiants au MBA

Jean-François Guertin, professeur en charge des programmes de MBA de l’Université de Sherbrooke, et Michel Filion, directeur-recrutement et marketing de l’EMBA HEC-McGill, connaissent bien les candidats et les diplômés de ce titre reconnu. Bien que leurs clientèles soient un peu différentes, ils partagent la même perception à l’effet qu’il y a deux sortes d’étudiants au MBA.

Dans le premier cas, récemment diplômés dans une formation de 1er cycle autre que la gestion (par exemple, le droit, le génie, etc.), le candidat souhaite élargir ses compétences et se qualifier pour répondre aux exigences de ses objectifs de carrière.

Dans le deuxième cas, il est sans doute déjà un leader ou tout au moins un expert dans une position de leadership et il cherche à devenir le « meilleur lui- même » et à atteindre son plein potentiel managérial.

Dans les deux cas, le MBA vise à donner non seulement les outils, mais les compétences pour occuper des postes de gestion et permettre d’exercer un leadership efficace. Les meilleurs programmes sont conçus pour répondre à des défis différents, selon le stade de développement du leadership.

GPS leadershipMD, un modèle conçu à partir de plus de 20 ans d’expérience en coaching exécutif et en évaluation et développement du potentiel managérial permet de mieux comprendre comment un programme de MBA prépare efficacement ses étudiants aux défis qui sont ou qui seront les leurs.

Des défis différents

Le principal défi qui attend le MBA de 28 ans promu dans un rôle de leader est de passer du « JE au NOUS » alors que celui auquel est confronté le leader tactique qui souhaite devenir stratégique est de développer une vision mobilisatrice. Forcément, les méthodes d’apprentissage et les contenus des programmes seront différents et les universités savent s’y adapter.

MBA à temps plein

La majorité des étudiants à temps plein au MBA sont des experts diplômés universitaires ayant des formations autres que la gestion ou l’administration. Contrairement à l’expert, le rôle d’un leader n’est pas de faire, mais de « faire faire ». Pour passer d’expert à leader tactique, ils doivent devenir de bons gestionnaires, ce qui signifie acquérir des connaissances en gestion et développer l’ensemble de leurs habiletés (diriger, contrôler, déléguer, soutenir, etc.). Ils doivent également devenir des bons leaders, ce qui signifie développer leur capacité d’empathie, leurs habiletés de communication, de travail en équipe et de résolution des conflits. En soi, accepter les points de vue des autres si leurs opinions diffèrent des siennes peut constituer un apprentissage nouveau pour un jeune étudiant MBA.

MBA exécutif

Le défi qui attend le MBA exécutif consiste plutôt à passer de leader tactique à leader stratégique. Le leader stratégique doit développer une vision mobilisatrice inclusive de l’ensemble des parties prenantes. Il a une vision globale de l’organisation et de son environnement et cette vision s’intègre dans un contexte beaucoup plus vaste de communauté dans son entier, particulièrement dans une ère de mondialisation comme celle que l’on vit. Son rôle étant celui d’un facilitateur, le leader stratégique doit être sincèrement et activement intéressé à connaître les points de vue des autres et avoir développé une grande conscience personnelle et organisationnelle, de même qu’un bon sens politique. La vision du leader stratégique doit être large, puisque c’est à lui que revient la responsabilité de définir les marchés, les produits et les services aussi bien que d’anticiper les tendances. C’est aussi lui qui veille à la mission à long terme et qui doit prendre les initiatives appropriées pour changer la culture organisationnelle lorsque cela est nécessaire pour soutenir la croissance au-delà de l’horizon stratégique immédiat. Sa compréhension globale des enjeux doit lui permettre de gérer le changement et d’y favoriser l’adhésion.

Pour les étudiants, le MBA exécutif est l’occasion de remettre en question leurs concepts de création de valeur, d’excellence opérationnelle, de leadership et de développement durable. Les étudiants de ce programme sont des personnes accomplies qui cherchent soit à se dépasser, soit à se repositionner. Ce sont des champions de l’action. Un programme de MBA doit donc leur fournir des occasions de faire un retour sur l’action et de prendre le temps de réfléchir, autrement dit apprendre à prendre du recul pour voir plus loin. Comme les autres étudiants sont aussi des leaders accomplis, l’apprentissage par l’échange avec les autres participants et par des études de cas constitue une méthode privilégiée. La grande majorité des travaux portent sur les défis de leurs entreprises respectives qui représentent souvent une grande diversité d’industries et de milieux professionnels. dans un programme exécutif, toutes les notions du MBA traditionnel sont enseignées, mais l’expérience des étudiants permet de le faire dans une perspective holistique et intégrée.

En conclusion

Que ce soit à 28 ans ou à 43 ans, compléter un MBA prend du courage et de la détermination et implique beaucoup de sueur, mais peu importe le moment où il est fait, les diplômés vous diront qu’ils en ont retiré de grands bénéfices, à commencer par une confiance en soi plus solide (incluant une certaine dose d’humilité), une juste évaluation de leurs forces, une vue élargie de la résolution de problèmes et surtout un réseau de contacts exceptionnel.


Cet article est une collaboration avec Alain Thériault, B. Ed., MBA.  Il a été publié dans l’édition de novembre 2014 du bulletin de l’Association des MBA du Québec (AMBAQ) en pages 11 et 12.

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