L’importance des modèles mentaux dans notre vie de tous les jours

« La perception est sélective et varie selon les besoins » et j’ajouterais selon les expériences antérieures de chacun.

C’est cette phrase entendue dans mon premier cours de psycho qui m’a intriguée au point d’en faire une carrière. Mes clients m’entendent souvent référer à « la boîte noire » pour décrire la partie de nos interactions qui nous échappe, car elle se passe exclusivement dans la tête de l’autre et que nous n’y avons généralement pas accès. Entre l’intention que nous avons et l’impact que nous créons, il y a souvent une marge considérable et notre impact est même parfois totalement à l’opposé de ce que nous espérions.

Argyris (1990) et Senge (The Fifth Discipline, 1994) ont popularisé l’Échelle des inférences qui est très utile à un leader. Le concept veut que face à des données ou à une expérience quelconque, l’être humain porte attention à un aspect particulier en délaissant la perspective globale. A partir de cette vision partielle, il donne un sens à ce qu’il voit, fait des hypothèses, tire des conclusions et développe des croyances qui lui serviront à juger rapidement des situations futures.

Robert Kegan simplifie l’échelle des inférences de Senge en disant « On invente ou on construit une compréhension du monde qui est compatible avec nos besoins et on prend ensuite cette compréhension pour la réalité ». Souvent, cette réalité que l’on se construit, nous empêche d’avancer.

Samedi dernier, alors que je réfléchissais à ce billet, une cliente d’une grande surface où je me trouvais, m’a fourni le plus bel exemple. En passant à côté de mon panier qui contenait des plants de poinsettias, elle a dit à son fils qui l’accompagnait : « Bizarrement, elle a pris les plus beaux ». Le commentaire trahissait à la fois un sentiment d’envie, de privation et peut-être même d’injustice. Pouvez-vous imaginer la scène ? Il y avait là pas moins de 500 plants de poinsettias, tous plus semblables les uns aux autres.

Qu’est-ce qu’il y avait dans la « boîte noire » de cette dame pour qu’une situation aussi banale se traduise par un sentiment négatif ? Une histoire, un passé et des expériences qui ont façonné ses croyances et sa vision de la vie. Malheureusement, elle n’en est probablement pas consciente elle-même. Un leader fait toujours face à une « boîte noire » et s’il veut être efficace, il doit non seulement clarifier son intention, mais anticiper son impact correctement en s’intéressant au monde de l’autre, notamment au contenu de cette « boîte noire » et en ajustant ses propos ou ses actions à l’auditoire auquel il s’adresse.

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